La répartition de l’actif décrit comment l’argent est réparti entre différents placements. La diversification demande plutôt si ces placements dépendent des mêmes facteurs. Plusieurs fonds, comptes ou catégories d’actif peuvent quand même concentrer le portefeuille dans quelques entreprises, secteurs, marchés ou devises. Il faut donc commencer par les placements sous-jacents, et non par le nombre de produits.
La diversification peut réduire la dépendance envers un émetteur ou une partie du marché, sans éliminer tous les résultats défavorables. Elle n’exige pas qu’un placement monte chaque fois qu’un autre baisse. Plusieurs placements peuvent perdre de la valeur ensemble, et la diversification ne promet ni rendement positif ni répartition convenant à une personne en particulier.
La volatilité n’est qu’une dimension du risque de placement. Les fluctuations de prix comptent, mais aussi la perte permanente, la difficulté d’accéder à l’argent, l’inflation et l’obligation de vendre à un moment défavorable. Une baisse n’a pas les mêmes conséquences pour une somme requise le mois prochain que pour une somme destinée à des dépenses dans plusieurs années. La volonté d’accepter l’incertitude diffère aussi de la capacité financière d’absorber une perte.
Un rendement pondéré combine les pourcentages du portefeuille et des hypothèses de rendement. Il peut montrer comment une donnée modifie une estimation, mais il n’établit pas à lui seul la diversification, les pertes futures possibles ou la pertinence du portefeuille. Une analyse utile passe de la composition aux expositions sous-jacentes, puis à la façon dont les placements peuvent évoluer ensemble et enfin au but servi par l’argent.
Table des matières
- Ce que décrit la répartition de l’actif
- Voir au-delà des étiquettes
- Ce que la diversification peut changer — et ce qu’elle ne change pas
- Pourquoi la volatilité n’est qu’une partie du risque
- Risque, rendement potentiel et moment où l’argent sera requis
- Ce qu’indique un rendement pondéré
- Conclusion
- Points clés
Ce que décrit la répartition de l’actif
La répartition de l’actif décrit la composition d’un portefeuille. Les catégories courantes comprennent les actions, les titres à revenu fixe ainsi que les liquidités et placements à court terme. Elles représentent différents types de droits financiers, et non trois niveaux uniformes de sécurité.
Les actions représentent une participation dans des entreprises. Leur valeur dépend des entreprises et du prix que les investisseurs acceptent de payer pour cette participation. Les placements à revenu fixe reposent sur un prêt ou un droit contractuel à des paiements. Leurs modalités peuvent prévoir des intérêts et un remboursement, mais « revenu fixe » ne signifie ni valeur marchande fixe ni absence de risque de crédit.
Les liquidités et placements à court terme sont souvent regroupés selon leur rôle dans la liquidité et les besoins rapprochés. L’instrument précis demeure important. Un dépôt, un fonds à court terme et un CPG non rachetable n’offrent pas nécessairement le même accès à l’argent. L’étiquette « équivalent de trésorerie » ne remplace pas l’examen de l’échéance, du rachat et des modalités de paiement.
Les fonds sont des véhicules qui détiennent des placements. Un fonds commun ou un fonds négocié en bourse (FNB) peut contenir des actions, des obligations, plusieurs catégories d’actif ou une exposition étroite. De même, un REER, un CELI ou un REEE est une structure de compte ou de régime, et non une catégorie d’actif. Dire que la moitié est dans un REER et l’autre moitié dans un CELI indique où l’argent est détenu, pas dans quoi il est investi.
La répartition de l’actif fixe les proportions affectées aux catégories de placement. La sélection de titres détermine les placements précis utilisés dans ces catégories. La localisation des actifs pose une troisième question : dans quel compte un placement est-il détenu? Ces décisions interagissent, mais elles ne sont pas interchangeables.
Les pondérations exigent un dénominateur clair
Dans un portefeuille simple sans emprunt, la pondération d’un placement correspond à sa valeur divisée par la valeur totale du portefeuille mesuré. Des placements de 5 000 $, 3 000 $ et 2 000 $ représentent 50 %, 30 % et 20 % d’un portefeuille de 10 000 $. Ils ne constituent pas trois expositions égales simplement parce qu’il y a trois placements.
Le calcul exige une date d’évaluation, une monnaie de présentation et un périmètre de portefeuille cohérents. Mélanger le coût d’achat initial d’un placement avec la valeur marchande actuelle d’un autre donne une image trompeuse de la composition actuelle. De même, 20 % d’un compte peut représenter une proportion beaucoup plus faible de l’ensemble des placements du ménage.
Une pondération en dollars ne mesure pas la contribution au risque. Le montant investi compte, mais aussi la variabilité du placement et sa relation avec les autres placements. Ces relations deviennent plus claires lorsqu’on regarde au-delà des étiquettes de compte et de produit.
Voir au-delà des étiquettes
La diversification agit à la fois entre les catégories d’actif et à l’intérieur de celles-ci. Un portefeuille peut combiner actions et obligations tout en répartissant ses actions entre plusieurs entreprises, secteurs et marchés. Ses titres à revenu fixe peuvent relever de différents emprunteurs, échéances et sensibilités aux taux d’intérêt.
Ces différences ne sont réelles que si les expositions sous-jacentes diffèrent. Plusieurs fonds peuvent détenir les mêmes entreprises. Plusieurs obligations peuvent dépendre d’un même emprunteur ou secteur. Deux fournisseurs peuvent offrir des fonds qui suivent presque le même marché. Des relevés de compte distincts ne créent pas, à eux seuls, des risques économiques distincts.
Un exemple de chevauchement
Supposons qu’un portefeuille de 10 000 $ détienne 5 000 $ dans le fonds A et 5 000 $ dans le fonds B. Chaque fonds place directement 30 % de sa valeur dans la même société. En faisant abstraction de l’effet de levier et des autres expositions indirectes, chaque fonds apporte 1 500 $ d’exposition à cette société. L’exposition combinée atteint 3 000 $, soit 30 % du portefeuille entier.
Elle n’est pas de 60 %, car les deux taux de 30 % s’appliquent à deux moitiés différentes du portefeuille. Elle n’est pas non plus de 15 %, ce qui ne compterait que la contribution d’un fonds. L’exemple montre comment examiner des placements qui se chevauchent; il ne propose aucune limite de concentration.
La liste des principales positions d’un fonds peut révéler un chevauchement évident, mais elle n’est qu’un point de départ. L’inventaire plus complet des placements, l’objectif de placement et les ventilations sectorielles ou géographiques peuvent faire ressortir des dépendances absentes d’une courte liste. Le nom familier d’un fonds renseigne moins que les actifs qu’il contient.
Géographie, devises et différences entre titres à revenu fixe
La diversification géographique peut étendre l’exposition au-delà du marché intérieur, mais la bourse où un titre se négocie ne décrit pas entièrement l’exposition commerciale de l’entreprise. Une société inscrite au Canada peut tirer des revenus de l’étranger. Un fonds étranger peut détenir des entreprises actives dans plusieurs marchés, ou demeurer concentré dans un seul secteur.
La devise ajoute une autre dimension. Un placement coté ou négocié en dollars canadiens peut détenir des actifs en devises étrangères. Les mouvements de change peuvent renforcer ou réduire le rendement du placement sous-jacent lorsqu’il est mesuré en dollars canadiens. Une version couverte et une version non couverte peuvent donc évoluer différemment; l’étendue et le coût de la couverture demeurent pertinents.
Les titres à revenu fixe exigent eux aussi un examen sous-jacent. Deux fonds obligataires peuvent différer fortement par la qualité des emprunteurs, les échéances et la duration. L’échéance concerne le moment du remboursement contractuel. La duration mesure la sensibilité aux taux d’intérêt. Un portefeuille composé de nombreuses obligations de longue duration peut rester exposé à un même mouvement de taux, même si les emprunteurs diffèrent.
La concentration peut dépasser le portefeuille. Le revenu d’emploi, les actions de l’employeur et une propriété située dans une collectivité dépendante du même secteur peuvent réagir au même choc économique. Ces liens ne déterminent pas à eux seuls une répartition convenable. Ils montrent que la diversification porte sur les dépendances, et non sur le simple décompte des actifs.
Ce que la diversification peut changer — et ce qu’elle ne change pas
Combiner des placements peut modifier le comportement du portefeuille total, car leurs rendements n’évoluent pas toujours exactement au même rythme. Un placement peut baisser moins qu’un autre, rester stable ou progresser. Ces réactions différentes peuvent modérer les mouvements de la valeur combinée.
Une corrélation négative n’est pas nécessaire à la diversification. Des rendements positivement corrélés, mais moins que parfaitement, peuvent aussi produire moins de volatilité combinée que si toutes les composantes évoluaient parfaitement ensemble. Cela ne signifie pas que l’ajout de n’importe quel placement réduit nécessairement le risque. Le résultat dépend des pondérations, de la variabilité de chaque placement et de leurs relations.
La corrélation décrit une relation statistique pour un ensemble d’observations donné. Elle ne promet pas que deux actifs se compenseront lors du prochain recul. Les relations peuvent changer, et des placements exposés aux mêmes conditions économiques peuvent baisser ensemble.
Trois résultats possibles, et non une prévision
Chaque ligne ci-dessous représente un scénario hypothétique distinct sur une période. Un portefeuille de 10 000 $ commence avec 50 % dans le placement A et 50 % dans le placement B, sans dépôt ni retrait. Les rendements sont exprimés en dollars canadiens, avant frais, impôt et inflation. Il s’agit de résultats inventés, et non d’observations historiques ni d’un éventail complet de possibilités.
Chaque ligne recommence à 10 000 $. Aucune probabilité n’est attribuée aux scénarios.
| Scénario distinct | Placement A | Placement B | Résultat combiné |
|---|---|---|---|
| A progresse; B baisse | +12 % | −4 % | +4 %; 10 400 $ |
| A baisse; B progresse | −4 % | +12 % | +4 %; 10 400 $ |
| Les deux baissent | −18 % | −10 % | −14 %; 8 600 $ |
Les deux premières lignes montrent comment le gain d’un placement peut compenser la baisse de l’autre. La troisième est tout aussi importante : les deux placements perdent de la valeur, donc l’ensemble en perd aussi. Aucune probabilité n’est attribuée, et la moyenne des trois lignes ne constituerait pas un rendement attendu.
La diversification est utile parce qu’elle peut réduire la dépendance envers un seul résultat, non parce qu’elle élimine les résultats défavorables. Elle peut réduire l’exposition à la faillite d’une entreprise sans supprimer le risque général du marché. Elle peut aussi donner un rendement inférieur à celui du placement qui deviendra, après coup, le meilleur.
La répartition de l’actif peut dériver lorsque les prix et les flux de trésorerie changent. Le rééquilibrage ramène les pondérations vers une répartition déclarée, ou met en œuvre une répartition délibérément révisée. Il modifie les expositions, sans prouver que les actifs achetés sont sous-évalués ni que les opérations amélioreront les rendements. Les coûts de transaction et les conséquences fiscales possibles comptent aussi. La diversification n’impose aucun calendrier universel de rééquilibrage.
Pourquoi la volatilité n’est qu’une partie du risque
La volatilité décrit la variabilité des rendements. Une mesure courante est l’écart-type des rendements pour une période et une fréquence d’observation précisées. Une mesure historique fondée sur des rendements mensuels n’est donc pas une prévision autonome de ce qui arrivera ensuite.
La volatilité n’est pas la perte maximale possible. Un écart-type n’établit pas non plus, à lui seul, la probabilité d’une baisse particulière. La pire année passée est une observation, et non une limite que les pertes futures ne peuvent dépasser.
D’autres risques concernent ce qui arrive à l’argent et au but qu’il sert. Le risque de crédit porte sur la capacité d’un emprunteur à respecter ses obligations. Le risque de liquidité concerne la possibilité de convertir un placement en espèces au moment voulu et à des conditions acceptables. La concentration accroît la dépendance envers certains résultats. L’inflation peut réduire le pouvoir d’achat même si le nombre de dollars ne baisse pas. Certaines pertes représentent une détérioration durable plutôt qu’une fluctuation temporaire du marché.
Un placement évalué peu souvent peut sembler plus stable qu’un placement coté chaque jour. Cela ne prouve pas qu’il est plus sûr ou plus facile à vendre. De même, un solde nominal stable peut perdre du pouvoir d’achat. Le calculateur de rendement réel et nominal d’OpenBook illustre la différence entre la croissance en dollars et la croissance après inflation; il ne transforme pas ce calcul en évaluation complète du risque.
Une baisse et une reprise ne sont pas symétriques
Dans un exemple simplifié sans flux de trésorerie, 10 000 $ baissent de 20 % à 8 000 $. Un gain subséquent de 20 % porte le solde à 9 600 $, et non à 10 000 $. Pour revenir de 8 000 $ à 10 000 $, il faut un gain de 25 %.
La moyenne arithmétique de −20 % et +20 % est nulle, mais le placement a perdu 4 % au total. Les pourcentages s’appliquent à des soldes de départ différents. Ni le rebond nécessaire de 25 % ni une période de détention plus longue ne garantissent la reprise.
Le mot « reprise » doit aussi être défini. Retrouver la valeur nominale initiale peut ne pas rétablir le pouvoir d’achat après inflation ni remplacer l’argent déjà retiré. La reprise d’un grand indice ne garantit pas celle d’une entreprise précise. Une baisse de la valeur économique actuelle compte avant même la vente; la réalisation fiscale d’une perte est une question distincte.
Lire les documents de fonds au Canada et au Québec
L’aperçu du fonds, l’aperçu du FNB, le prospectus et l’information sur les placements aident à comprendre ce qu’un produit détient et comment il fonctionne. Il est utile d’examiner l’objectif, les principales positions, les concentrations sectorielles et géographiques, le traitement des devises, les frais, la liquidité et la date de l’information. Un seul document répond rarement à toutes les questions.
Pour les fonds canadiens assujettis au cadre normalisé de classification du risque, la volatilité mesurée par l’écart-type sert de fondement à la cote de risque. La méthode permet aussi de relever la cote lorsque cela est raisonnable. Une cote ne garantit pas que les pertes resteront sous un certain montant, et « faible risque » ne signifie pas absence de risque.
Les étiquettes « faible », « moyen » et « élevé » ne peuvent pas simplement être moyennées pour obtenir la cote d’un portefeuille de ménage. Elles ne remplacent pas l’analyse du chevauchement, de la covariation, des besoins de liquidités ou de la situation personnelle. Les fonds inscrits à l’étranger peuvent aussi fournir une information différente de l’aperçu du fonds ou du FNB canadien.
Au Québec, l’Autorité des marchés financiers explique la diversification et les documents de fonds, notamment l’aperçu du fonds et l’aperçu du FNB. Ces ressources aident à comprendre la répartition de l’actif et les risques derrière les étiquettes de produit. Les mathématiques du portefeuille ne changent pas à la frontière provinciale, mais le document, la terminologie et le cadre réglementaire doivent correspondre au produit examiné.
Risque, rendement potentiel et moment où l’argent sera requis
Un rendement potentiel plus élevé s’accompagne généralement d’une incertitude accrue. Il ne s’agit pas d’une récompense garantie à chaque investisseur qui accepte plus de risque. Une position concentrée peut accroître l’exposition à la faillite d’une entreprise sans offrir une prime de rendement fiable. Les coûts peuvent réduire le montant qui reste à l’investisseur sans créer automatiquement une contrepartie avantageuse.
Le rendement requis pour atteindre un objectif diffère du rendement qu’un placement peut offrir. Augmenter l’hypothèse de rendement d’une projection peut faire disparaître un manque à gagner à l’écran sans régler le problème de financement sous-jacent. L’hypothèse a besoin d’un fondement défendable; le résultat souhaité n’en est pas un.
Deux dimensions personnelles doivent aussi être distinguées. La tolérance au risque concerne la volonté de vivre avec l’incertitude et les pertes. La capacité à assumer le risque concerne la possibilité financière d’absorber un résultat défavorable. Une personne peut être à l’aise avec les fluctuations, mais avoir peu de marge parce que l’argent sera bientôt requis. Une autre peut avoir une grande capacité financière tout en trouvant les mêmes fluctuations difficiles à supporter.
L’horizon appartient au but de l’argent
L’âge ne détermine pas à lui seul l’horizon de placement. Les coûts d’études peuvent survenir en plusieurs versements. La retraite peut combiner des retraits prochains et des sommes destinées à des dépenses beaucoup plus tardives. Les besoins de logement ou de soins peuvent modifier la date à laquelle le capital sera requis.
Un horizon plus long peut laisser plus de temps avant une vente, mais il ne rend pas les pertes impossibles et ne garantit pas la reprise d’un placement. Une dépense imprévue peut aussi raccourcir l’horizon réel. L’accès à l’argent et les conséquences d’une baisse doivent donc accompagner toute discussion sur le rendement moyen.
L’ordre des rendements compte lorsque l’argent sort
Une autre illustration sur deux ans commence avec 10 000 $. Elle applique les mêmes rendements, −20 % et +25 %, dans l’ordre inverse, avec un retrait de 1 000 $ à la fin de chaque année après le rendement de l’année. Elle ne tient compte ni des frais, ni de l’impôt, ni de l’inflation.
Si la perte survient d’abord, 10 000 $ tombent à 8 000 $, puis le premier retrait laisse 7 000 $. Le gain de 25 % de la deuxième année porte ce solde à 8 750 $, puis le second retrait laisse 7 750 $.
Si le gain survient d’abord, 10 000 $ montent à 12 500 $, puis le premier retrait laisse 11 500 $. La baisse de 20 % de la deuxième année ramène le solde à 9 200 $, puis le second retrait laisse 8 200 $.
Les deux parcours versent 2 000 $, mais leurs soldes finaux diffèrent de 450 $. Sans retrait, les deux ordres de rendement finiraient à 10 000 $. L’interaction entre le parcours des rendements et l’argent retiré crée l’écart.
Il s’agit d’une illustration du risque de séquence, non d’une recommandation de retrait ni d’une prévision. Elle montre pourquoi un rendement moyen unique ne décrit pas tous les résultats de dépenses. L’article Tests de scénarios et analyse de sensibilité explique comment la modification des hypothèses ou des parcours peut révéler des écarts sans attribuer de probabilités qui n’ont pas été modélisées.
Ce qu’indique un rendement pondéré
Un rendement pondéré répond à une question plus étroite : quel taux combiné découle d’un ensemble de pondérations et de rendements par composante?
Pour une illustration sur une période, supposons qu’un portefeuille de 10 000 $ commence avec 5 000 $ en actions, 3 000 $ en titres à revenu fixe et 2 000 $ en liquidités ou placements à court terme. Les rendements annuels supposés sont de 6 %, 3 % et 1 %. Ce sont des données hypothétiques, et non des prévisions de marché, des valeurs tirées de lignes directrices professionnelles ou des répartitions recommandées.
L’exemple porte sur un an, en dollars canadiens, sans dépôt ni retrait et sans frais, impôt ou ajustement pour l’inflation. Chaque pondération est multipliée par le rendement supposé correspondant; les contributions sont ensuite additionnées.
Pondération × rendement de la composante = contribution au taux combiné. Les données sont hypothétiques.
| Composante | Pondération initiale | Rendement annuel supposé | Contribution au rendement du portefeuille |
|---|---|---|---|
| Actions | 50 % | 6 % | 3,0 points de pourcentage |
| Revenu fixe | 30 % | 3 % | 0,9 point de pourcentage |
| Liquidités / court terme | 20 % | 1 % | 0,2 point de pourcentage |
| Total | 100 % | — | 4,1 % |
Selon ces hypothèses, le portefeuille de 10 000 $ gagne 410 $ et termine à 10 410 $. Les 3,0 points de pourcentage apportés par les actions font partie du résultat de 4,1 % du portefeuille; ils ne constituent pas un rendement distinct gagné sur la position en actions. Le rendement supposé des actions demeure 6 %.
Le calculateur de rendement selon la répartition de l’actif d’OpenBook estime un rendement pondéré à partir des pondérations et des hypothèses par catégorie d’actif. Cette question est plus étroite que celle de savoir si les placements sous-jacents sont diversifiés ou adaptés à un objectif.
Un taux combiné n’est pas un modèle de risque
Le calcul pondéré ne contient aucune information sur la volatilité de chaque composante ni sur la façon dont elles évoluent ensemble. Des portefeuilles différents peuvent donc avoir le même taux supposé combiné tout en présentant des concentrations, des contraintes de liquidité et des parcours de pertes très différents.
Le calcul peut aussi produire un nombre négatif. En gardant les mêmes pondérations, mais en remplaçant les rendements supposés par −12 %, −4 % et +1 %, on obtient −7,0 %. Ce résultat négatif découle simplement des nouvelles données; il ne constitue pas une estimation du pire cas.
Créer un scénario négatif diffère de modéliser la fréquence, l’ampleur ou la durée des pertes, ou le moment où des retraits coïncideraient avec elles. Ni 4,1 % ni −7,0 % n’établissent la probabilité d’un résultat ou la pertinence d’un portefeuille.
Le sens du mot « rendement » doit rester cohérent
Un taux supposé est une donnée choisie pour une illustration ou une projection. Un rendement attendu au sens statistique est une moyenne pondérée par les probabilités dans un modèle déclaré. Un rendement réalisé décrit ce qui s’est produit pendant une période donnée. La moyenne pondérée d’hypothèses saisies ne devient pas un rendement attendu statistique simplement parce que le résultat comporte des décimales.
Les taux doivent aussi partager la même base. Les rendements annuels et mensuels ne peuvent être mélangés sans conversion. Un rendement en dollars canadiens n’est pas interchangeable avec un rendement en devise étrangère. Un taux après frais ne doit pas être comparé à un taux avant frais comme s’ils décrivaient le même résultat. Le rendement courant, comme les intérêts ou dividendes reçus, diffère du rendement total, qui comprend aussi la variation de valeur.
La croissance composée apporte une autre distinction. Les Lignes directrices sur les hypothèses de projection 2026 de FP Canada et de l’Institut de planification financière utilisent des hypothèses fondées sur des moyennes géométriques pour exprimer la croissance composée dans le temps et abordent les ajustements pour les modèles qui attribuent des probabilités à différents résultats. La combinaison arithmétique d’hypothèses de croissance à long terme n’établit pas, à elle seule, le taux de croissance composée d’un portefeuille dont les pondérations et rendements changent.
Un résultat sur plusieurs années dépend aussi des cotisations, retraits, dérives de répartition, rééquilibrages ainsi que du traitement des coûts et de l’inflation. La référence sur les hypothèses de projection fournit le contexte des hypothèses maintenues, tandis que l’article Comment fonctionnent les projections OpenBook explique leur nature conditionnelle. Aucun des deux ne prouve qu’un taux pondéré mesure à lui seul le risque de placement.
Conclusion
La répartition de l’actif est une description utile, mais elle n’est que le début de la compréhension d’un portefeuille. Les étiquettes indiquent les catégories; les placements révèlent les dépendances; leur covariation explique pourquoi leur combinaison change le comportement; et les besoins de liquidités déterminent les conséquences d’un résultat défavorable.
Le but n’est pas de trouver une répartition qui fait disparaître l’incertitude. Il est de rendre cette incertitude plus compréhensible. Le rendement pondéré devient utile lorsque ses hypothèses et ses limites sont visibles, et non lorsqu’il est pris pour une preuve de diversification, une borne aux pertes ou la sécurité d’un objectif.
Points clés
- La répartition de l’actif décrit les proportions du portefeuille; les noms de compte et le nombre de produits ne révèlent pas toutes les expositions sous-jacentes.
- La diversification dépend des facteurs communs aux placements et de leur façon d’évoluer ensemble. Une corrélation négative n’est pas requise, et des pertes communes restent possibles.
- La volatilité mesure la variabilité, et non toutes les formes de risque, une perte maximale ou la pertinence personnelle.
- Les dates où l’argent sera requis, la liquidité, la volonté et la capacité financière modifient les conséquences d’une baisse.
- Un rendement supposé pondéré explique un calcul sous des hypothèses données. Il n’établit pas à lui seul des probabilités, une croissance composée ou le profil de risque du portefeuille.
- Les documents de fonds et les comparaisons de scénarios répondent à des questions différentes. Tous exigent un périmètre clair et des hypothèses cohérentes.
Notes importantes
Cet article est éducatif et ne fournit aucun conseil personnalisé en matière de placement, de finances, d’impôt, de droit, de pension ou de retraite. Il ne recommande aucun placement, aucune répartition de l’actif ni aucune stratégie de compte.
Toutes les illustrations numériques sont hypothétiques, utilisent des dollars canadiens et omettent les coûts ou flux de trésorerie précisés dans chaque exemple. Elles ne sont ni des résultats historiques, ni des prévisions de rendement, ni des modèles complets du risque. Les résultats réels dépendent des placements, des coûts, du moment, de l’impôt, des marchés et de la situation individuelle.
Les documents de produit et les exigences réglementaires peuvent changer. Les sources officielles, les documents de produit à jour et, selon le cas, l’examen d’une personne dûment qualifiée sont pertinents pour appliquer ces concepts à une situation précise.