Une cotisation REER donne généralement droit à une déduction fiscale. Lorsqu’elle est demandée, la déduction réduit le revenu imposable et peut diminuer l’impôt payable pour l’année. La valeur de cette déduction dépend surtout des taux d’imposition applicables au revenu déduit.
La déduction et la cotisation ne sont pas la même chose. La cotisation a lieu lorsque des sommes sont versées dans un REER. La déduction a lieu lorsque tout ou partie de cette cotisation est demandée dans une déclaration de revenus. Dans certaines situations, une cotisation peut être faite une année et la déduction demandée plus tard.
La valeur d’une déduction REER dépend des taux marginaux d’imposition. Une même cotisation peut produire des économies d’impôt différentes selon le contribuable, parce que la déduction réduit un revenu qui aurait autrement pu être imposé à des taux différents. C’est l’une des raisons pour lesquelles les REER sont souvent particulièrement utiles pendant les années de revenu plus élevé.
Les remboursements d’impôt sont souvent mal compris. Beaucoup d’investisseurs voient le remboursement comme le principal avantage du REER. En réalité, le remboursement montre simplement que le revenu imposable a été réduit. Le remboursement ne crée pas de richesse par lui-même; il reflète l’économie d’impôt générée par la déduction.
Les REER reportent généralement l’impôt au lieu de l’éliminer. Les cotisations peuvent générer des économies d’impôt aujourd’hui, et la croissance des placements peut se produire à l’intérieur du REER sans imposition annuelle. Toutefois, les retraits futurs sont généralement inclus dans le revenu imposable. Les deux côtés de l’équation sont importants pour évaluer la valeur à long terme d’un REER.
Le moment de cotiser et le moment de demander la déduction peuvent être deux décisions distinctes. Dans certaines circonstances, un contribuable peut cotiser maintenant et demander la déduction plus tard. Cette souplesse peut être utile lorsque les taux d’imposition futurs devraient être plus élevés que les taux actuels.
Le principal avantage d’un REER n’est pas le remboursement. Sa vraie valeur se trouve dans le report d’impôt, la croissance à l’abri de l’impôt et le rôle que le REER peut jouer dans une stratégie de retraite plus large. Évaluer une cotisation REER seulement en fonction du remboursement immédiat peut faire perdre de vue l’ensemble du portrait.
Les déductions REER peuvent être vues comme une composante d’un plan financier à long terme plutôt que comme une simple stratégie fiscale à court terme. L’efficacité d’un REER dépend non seulement des économies d’impôt générées aujourd’hui, mais aussi de la contribution du compte au revenu de retraite futur et au patrimoine après impôt.
Table des matières
- Introduction
- Qu’est-ce qu’une déduction REER?
- Comment une déduction réduit le revenu imposable
- Pourquoi les taux marginaux comptent
- Le remboursement est une conséquence, pas l’avantage principal
- Moment de la cotisation et moment de la déduction
- Le REER reporte généralement l’impôt
- Que se passe-t-il au retrait?
- Idées reçues fréquentes
- Conclusion
- Points à retenir
- Notes importantes
Introduction
Peu de notions financières sont aussi connues, et aussi souvent mal comprises, que la déduction REER.
Beaucoup de Canadiens associent d’abord le REER au remboursement d’impôt. Les campagnes de fin de saison mettent souvent l’accent sur les dates limites de cotisation, les remboursements et la baisse immédiate de l’impôt payable. Il est donc courant d’entendre qu’un REER permet de « récupérer de l’argent du gouvernement ».
Le remboursement d’impôt n’est pourtant pas le principal avantage d’un REER. Il est une conséquence de la déduction. La valeur à long terme du REER vient plutôt du report d’impôt et de la possibilité de laisser les placements croître dans un environnement à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait.
Cette distinction compte, parce qu’elle change la façon d’évaluer une cotisation. Une cotisation REER ne se limite pas à une stratégie de saison des impôts. Elle fait partie d’un outil de planification à long terme qui touche l’accumulation, le revenu de retraite, l’impôt et les retraits futurs.
Le présent article explique comment fonctionnent les déductions REER, pourquoi elles peuvent créer des économies d’impôt et pourquoi la déduction n’est qu’une partie du portrait.
Qu’est-ce qu’une déduction REER?
Une cotisation REER et une déduction REER sont liées, mais elles ne sont pas identiques.
La cotisation a lieu lorsque des sommes sont versées dans un régime enregistré d’épargne-retraite. La déduction a lieu lorsque tout ou partie de cette cotisation est demandée dans une déclaration de revenus.
Beaucoup d’investisseurs présument que ces deux événements se produisent toujours en même temps. Ce n’est pas nécessairement le cas. Une personne peut, par exemple, cotiser 10 000 $ à un REER cette année, mais choisir de ne demander qu’une partie de la déduction maintenant et de reporter le reste à une année future.
La cotisation crée une possibilité de déduction. La déduction détermine quand cette cotisation réduit le revenu imposable.
Cette nuance devient importante lorsque les taux d’imposition futurs pourraient être plus élevés que les taux actuels. Dans certaines circonstances, reporter la déduction peut produire une économie d’impôt plus élevée.
Le point essentiel est simple : cotiser et déduire sont deux décisions distinctes.
Comment une déduction réduit le revenu imposable
Une déduction réduit généralement le revenu imposable.
Supposons qu’une personne gagne un revenu d’emploi de 100 000 $ et cotise 10 000 $ à un REER. En faisant abstraction des autres ajustements, son revenu imposable pourrait passer de 100 000 $ à 90 000 $.
La déduction ne réduit pas directement l’impôt payable dollar pour dollar. Elle réduit plutôt le revenu sur lequel l’impôt est calculé.
L’économie d’impôt dépend donc des taux applicables au revenu qui est déduit. C’est pourquoi une déduction REER de 10 000 $ ne produit pas la même économie pour tout le monde.
Un contribuable imposé à un taux marginal plus élevé peut recevoir une économie d’impôt beaucoup plus importante pour la même déduction qu’un contribuable imposé à un taux marginal plus faible. Le montant déduit est identique; la réduction d’impôt ne l’est pas.
Pourquoi les taux marginaux comptent
Le Canada utilise un régime d’imposition progressif. À mesure que le revenu augmente, le revenu additionnel peut être imposé à des taux plus élevés. Le taux marginal est le taux qui s’applique au prochain dollar de revenu imposable.
Cette notion est importante parce que les déductions REER produisent généralement des économies d’impôt au taux marginal applicable au revenu déduit.
Deux personnes peuvent cotiser chacune 10 000 $ à un REER. Si l’une se trouve dans une tranche marginale plus élevée que l’autre, la même déduction peut réduire son impôt payable davantage.
La discussion ne s’arrête toutefois pas au moment de la cotisation. Le REER n’est pas seulement un mécanisme de déduction. Il sera aussi une source future de revenu de retraite, et les retraits seront généralement imposables.
La valeur à long terme du REER dépend donc non seulement du taux d’impôt au moment de la cotisation, mais aussi du taux qui pourrait s’appliquer au moment du retrait.
Le remboursement est une conséquence, pas l’avantage principal
L’idée reçue la plus fréquente est peut-être de croire que le remboursement d’impôt est l’avantage principal du REER.
Le remboursement est visible. Il arrive souvent peu après la production de la déclaration de revenus. Il se mesure facilement et peut donner l’impression d’une récompense immédiate.
Pourtant, le remboursement ne crée pas de richesse par lui-même. Il reflète simplement la baisse d’impôt causée par la déduction.
Si une cotisation REER génère un remboursement de 3 500 $, ce remboursement n’est pas un boni. Il indique que le revenu imposable a été réduit. La question de planification est ce qui arrive ensuite : le remboursement est-il dépensé, épargné ou investi?
La valeur à long terme du REER dépend beaucoup plus de la croissance de la cotisation et des actifs associés que du remboursement lui-même.
Moment de la cotisation et moment de la déduction
Le régime fiscal canadien permet une certaine souplesse quant au moment de demander la déduction. Une cotisation peut être faite une année et la déduction demandée plus tard.
Cette souplesse peut être utile lorsqu’un contribuable s’attend à un revenu nettement plus élevé dans un proche avenir. La cotisation peut entrer dans le REER dès maintenant et commencer à profiter de la croissance à impôt différé, tandis que la déduction peut être réservée pour une année où le taux marginal est plus élevé.
Cette approche ne convient pas à toutes les situations, mais elle montre pourquoi la distinction entre cotisation et déduction demeure importante.
Le REER reporte généralement l’impôt
Le REER est souvent décrit comme un compte à l’abri de l’impôt. Cette description est utile, mais elle peut prêter à confusion.
Dans la plupart des cas, le REER reporte l’impôt plutôt qu’il ne l’élimine.
Les cotisations peuvent créer des déductions aujourd’hui. La croissance des placements s’accumule généralement sans imposition annuelle à l’intérieur du REER. Toutefois, les retraits futurs sont généralement inclus dans le revenu imposable.
L’impôt n’a donc pas disparu; il a été remis à plus tard.
La valeur à long terme du REER dépend largement de la relation entre les taux d’imposition au moment de la cotisation et ceux au moment du retrait, ainsi que des avantages de la capitalisation à impôt différé.
Que se passe-t-il au retrait?
Les retraits d’un REER sont généralement inclus dans le revenu imposable, qu’ils surviennent avant ou après la retraite.
La plupart des REER sont éventuellement convertis en FERR ou en un autre véhicule de revenu de retraite. À ce stade, les retraits font partie du système plus large du revenu de retraite et interagissent avec les pensions, les prestations gouvernementales, les revenus de placement et d’autres sources de flux de trésorerie.
Les avantages fiscaux de la cotisation se comprennent donc rarement isolément. La phase de cotisation et la phase de retrait sont liées. Les économies d’impôt obtenues aujourd’hui peuvent être compensées, en tout ou en partie, par l’impôt payé lors des retraits futurs.
La question utile n’est pas de savoir si l’impôt surviendra plus tard. Dans la plupart des cas, oui. La question utile est de comparer les conséquences fiscales au retrait avec les avantages obtenus à la cotisation.
Idées reçues fréquentes
Plusieurs idées reçues reviennent souvent dans les discussions sur les REER.
La première est que les REER sont toujours supérieurs aux CELI. En réalité, la comparaison dépend des taux d’imposition, de l’horizon temporel, des objectifs de retraite et des circonstances personnelles.
La deuxième est que le remboursement d’impôt crée de la richesse. Le remboursement est une conséquence de la déduction. La valeur à long terme du REER dépend plutôt de l’interaction entre les cotisations, le report d’impôt et la croissance des placements.
La troisième est que le REER élimine définitivement l’impôt. Dans la plupart des situations, il reporte l’impôt. Les cotisations peuvent générer des économies aujourd’hui, mais les retraits futurs seront généralement inclus dans le revenu imposable.
Ces malentendus apparaissent souvent parce que le REER est regardé seulement au moment de la cotisation. Une compréhension plus complète tient compte de tout le cycle de vie du compte.
Conclusion
Les déductions REER font partie des outils de planification fiscale les plus importants pour les investisseurs canadiens, mais elles sont souvent mal comprises lorsqu’elles sont vues seulement à travers le remboursement d’impôt.
La déduction réduit le revenu imposable. Le remboursement reflète cette réduction. La valeur plus large du REER vient toutefois du report d’impôt, de la croissance à l’abri de l’impôt annuel et du rôle que le compte peut jouer dans une stratégie de retraite à long terme.
Évaluer une cotisation REER exige donc de regarder au-delà de la déclaration de revenus de l’année courante. Les questions les plus importantes portent sur la place de la cotisation dans le plan financier, l’imposition future des retraits et la contribution du compte aux objectifs de retraite.
Le remboursement est peut-être la conséquence la plus visible d’une cotisation REER. Il est rarement la plus importante.
Points à retenir
- Une cotisation REER et une déduction REER sont liées, mais distinctes.
- Une déduction REER réduit généralement le revenu imposable, et non l’impôt payable dollar pour dollar.
- La valeur d’une déduction dépend largement du taux marginal d’imposition.
- Le remboursement d’impôt est une conséquence de la déduction, pas le principal avantage du REER.
- Une cotisation peut être faite une année et la déduction demandée plus tard.
- Le REER reporte généralement l’impôt plutôt qu’il ne l’élimine.
- Les retraits futurs sont généralement imposables; ils font donc partie de la planification.
- L’efficacité d’un REER dépend souvent de la relation entre le taux d’impôt à la cotisation et le taux d’impôt au retrait.
Notes importantes
Cet article est fourni à des fins éducatives seulement.
Les plafonds de cotisation, les règles de déduction, les règles de retrait et les conséquences fiscales des REER peuvent changer avec le temps.
Les avantages fiscaux d’une cotisation REER dépendent de la situation personnelle, notamment du niveau de revenu, du taux marginal d’imposition, des droits de cotisation et des retraits futurs.
La pertinence d’une stratégie REER se comprend mieux dans le contexte d’un plan financier plus large.