Aucun des deux comptes n’est supérieur dans toutes les situations. Le résultat dépend des taux d’imposition, du niveau de revenu, de la situation future et des objectifs financiers. Une approche utile pour une personne peut être moins efficace pour une autre.
Le REER et le CELI offrent des avantages fiscaux différents. Une cotisation à un REER donne généralement droit à une déduction aujourd’hui, tandis qu’un retrait d’un CELI est généralement libre d’impôt plus tard. La comparaison porte donc en partie sur le traitement fiscal actuel par rapport au traitement fiscal futur.
Le taux d’imposition actuel influence souvent la valeur d’une cotisation au REER. Plus le taux d’imposition actuel est élevé, plus la déduction peut avoir de valeur, parce qu’elle peut réduire davantage l’impôt au moment de la cotisation. C’est l’une des raisons pour lesquelles le REER est souvent discuté pendant les années de revenu plus élevé.
Le taux d’imposition futur compte aussi. L’efficacité d’un REER dépend non seulement de l’économie d’impôt obtenue aujourd’hui, mais aussi du taux d’imposition qui pourrait s’appliquer lorsque les fonds seront retirés. Regarder seulement un côté de la comparaison peut mener à une conclusion trompeuse.
Le CELI offre souvent plus de flexibilité. Les retraits sont généralement libres d’impôt, les droits de cotisation sont habituellement rétablis après un retrait, et l’accès aux fonds est souvent plus simple que dans plusieurs stratégies axées sur la retraite. Cette flexibilité peut être précieuse lorsque les besoins futurs sont incertains.
Les prestations gouvernementales peuvent aussi influencer la comparaison. Comme les retraits d’un CELI ne créent généralement pas de revenu imposable, ils peuvent interagir différemment avec les programmes fondés sur le revenu que les retraits d’un REER. Cette distinction peut devenir plus importante à la retraite.
La comparaison ne se limite presque jamais à l’impôt. La flexibilité, les objectifs de retraite, les sources de revenu, les objectifs successoraux et les priorités personnelles peuvent tous influencer le résultat. Deux personnes ayant des taux d’imposition semblables peuvent raisonnablement choisir des comptes différents parce qu’elles accordent de l’importance à des objectifs différents.
L’objectif n’est pas de trouver un compte universellement supérieur. L’objectif est de comprendre dans quelles circonstances un compte peut offrir plus d’avantages que l’autre. La question la plus utile n’est souvent pas « Quel compte convient le mieux dans ce contexte? », mais plutôt « Quel compte convient le mieux à ces hypothèses et à ces objectifs? »
Table des matières
Introduction
Pour de nombreux Canadiens, la question n’est pas de choisir entre REER et CELI une fois pour toutes. La question est plutôt de savoir quel compte reçoit le prochain dollar d’épargne dans le scénario examiné.
Les deux comptes offrent des avantages fiscaux importants. Les deux peuvent jouer un rôle utile dans une planification financière à long terme. Beaucoup de ménages finissent d’ailleurs par utiliser les deux.
La difficulté vient du fait que la capacité d’épargne est souvent limitée. Lorsque des droits de cotisation existent dans plusieurs comptes, la priorité des nouvelles sommes devient une vraie question de planification : REER, CELI, ou une combinaison des deux?
Cette question a donné naissance à de nombreuses règles générales. Certaines suggèrent que le REER convient mieux aux personnes à revenu élevé. D’autres soutiennent que le CELI est plus flexible et donc préférable dans la plupart des situations.
Ces observations peuvent contenir une part de vérité, mais elles donnent rarement une réponse complète.
L’approche la plus utile n’est pas de chercher un compte universellement supérieur. Elle consiste plutôt à comprendre les facteurs qui influencent la décision.
Les taux d’imposition, le revenu futur, les prestations gouvernementales, les besoins de flexibilité, les objectifs de retraite et la situation personnelle peuvent tous modifier la comparaison. Des hypothèses différentes peuvent mener à des conclusions différentes.
Le présent article examine ces facteurs et propose un cadre pour comprendre pourquoi le choix entre REER et CELI dépend souvent des circonstances plutôt que d’une règle unique.
Comprendre la différence fondamentale
Bien que le REER et le CELI soient souvent comparés, ils fonctionnent de façon très différente.
Un REER procure généralement une déduction fiscale au moment de la cotisation. Les cotisations peuvent réduire le revenu imposable et créer une économie d’impôt dans l’année où la déduction est demandée. La croissance des placements s’accumule généralement avec report d’impôt jusqu’au retrait.
Un CELI ne procure généralement pas de déduction fiscale au moment de la cotisation. En contrepartie, la croissance des placements peut s’accumuler à l’abri de l’impôt et les retraits futurs sont généralement libres d’impôt.
Cette distinction crée deux modèles de planification différents.
Le REER offre un avantage potentiel aujourd’hui grâce à la déduction.
Le CELI offre généralement son avantage principal plus tard, grâce à l’accès libre d’impôt aux actifs accumulés.
Aucune approche n’est intrinsèquement supérieure. Chacune peut être avantageuse dans des circonstances différentes.
C’est pourquoi la comparaison entre REER et CELI exige souvent de regarder au-delà de la cotisation elle-même.
Pourquoi le taux d’imposition actuel compte
L’un des arguments les plus forts en faveur du REER apparaît souvent lorsque le revenu imposable actuel est relativement élevé.
Les déductions REER réduisent généralement le revenu imposable. Comme le Canada utilise un régime fiscal progressif, une déduction crée souvent une économie plus élevée lorsqu’elle réduit un revenu qui aurait autrement été imposé à un taux marginal élevé. Lorsque le taux d’imposition actuel augmente, la valeur immédiate d’une déduction REER augmente souvent elle aussi.
C’est pourquoi les cotisations REER sont fréquemment associées aux années de revenu plus élevé.
Il serait toutefois incomplet de se concentrer seulement sur l’économie d’impôt actuelle. La déduction ne représente qu’un côté de l’équation REER. L’autre côté apparaît plus tard, au moment des retraits.
Une comparaison qui ne tient compte que de l’économie d’impôt obtenue aujourd’hui peut négliger les conséquences fiscales futures du compte.
Pourquoi le taux d’imposition futur compte
Le taux d’imposition futur est souvent aussi important que le taux actuel lorsqu’on évalue une cotisation REER.
Les sommes retirées d’un REER sont généralement incluses dans le revenu imposable. Une partie de l’efficacité à long terme du REER dépend donc du taux d’imposition qui s’appliquera au moment du retrait.
De façon simplifiée, de nombreuses stratégies REER sont plus avantageuses lorsque le taux d’imposition au moment de la cotisation est plus élevé que le taux d’imposition au moment du retrait.
Cela ne signifie pas que le taux futur doit toujours être plus faible pour qu’un REER soit utile. La croissance avec report d’impôt contribue aussi à la valeur du compte. Toutefois, la relation entre le taux actuel et le taux futur demeure l’une des variables les plus importantes de la comparaison.
La difficulté est que le taux futur ne peut pas être connu avec certitude. Le revenu de retraite, les programmes gouvernementaux, les lois fiscales et la situation personnelle peuvent tous changer avec le temps.
Cette incertitude explique pourquoi la comparaison entre REER et CELI repose souvent sur des hypothèses plutôt que sur des réponses définitives.
Un cadre pratique pour décider
La comparaison entre le REER et le CELI devient souvent plus claire lorsqu’elle est abordée à partir de quelques questions de planification, plutôt qu’à partir d’une recherche du compte « gagnant ».
Quatre questions reviennent fréquemment dans l’analyse :
- Quel taux d’imposition s’applique aujourd’hui?
- Quel taux d’imposition pourrait s’appliquer plus tard?
- Quelle importance accorder à la flexibilité?
- Comment les prestations gouvernementales pourraient-elles être touchées?
Ces questions ne donnent pas de réponses automatiques. Elles aident plutôt à comprendre pourquoi deux personnes peuvent raisonnablement arriver à des conclusions différentes.
Les deux premières questions portent surtout sur l’impôt. Une personne imposée à un taux actuel relativement élevé peut accorder plus de valeur à la déduction REER. Une autre personne, dans une situation différente, peut accorder moins d’importance à l’avantage fiscal immédiat.
La troisième question porte sur la flexibilité. Le CELI et le REER offrent des formes différentes de flexibilité, et l’importance relative de cette flexibilité varie d’une personne à l’autre. L’objectif n’est pas de dire que la flexibilité est toujours prioritaire. Il est de comprendre quelle valeur elle peut avoir dans une situation donnée.
La quatrième question reconnaît que le revenu de retraite n’existe pas en vase clos. Comme les retraits de CELI ne sont généralement pas inclus dans le revenu imposable alors que les retraits de REER le sont généralement, les deux comptes peuvent interagir différemment avec les programmes gouvernementaux fondés sur le revenu.
Il est aussi important de reconnaître que la discussion ne consiste pas toujours à choisir un seul compte pour toujours. Beaucoup de Canadiens utilisent le REER et le CELI à différentes étapes de leur vie. La comparaison demeure utile parce que la capacité d’épargne est souvent limitée et que les décisions de priorité restent nécessaires.
Le but de ce cadre n’est pas d’identifier un vainqueur. Il est de rendre visibles les facteurs qui influencent le plus souvent la décision.
Pourquoi il n’existe pas de réponse universelle
Le désir d’obtenir une réponse simple est compréhensible.
Choisir entre deux comptes ressemble parfois à une décision qui doit produire un gagnant clair.
Pourtant, la comparaison dépend de nombreuses variables :
- les taux d’imposition actuels
- les taux d’imposition futurs
- le revenu de retraite
- les prestations gouvernementales
- les besoins de flexibilité
- l’horizon de cotisation
- les priorités personnelles
Des hypothèses différentes peuvent produire des conclusions différentes.
Cela ne veut pas dire que la comparaison est inutile.
Au contraire, cela signifie que comprendre les hypothèses derrière la comparaison est souvent plus important que mémoriser une règle générale.
La comparaison reste utile parce que les sommes disponibles pour épargner sont limitées et finissent par être dirigées quelque part.
Comprendre les forces et les limites de chaque compte permet de prendre ces décisions sur une base plus claire.
Conclusion
La discussion REER ou CELI est souvent présentée comme une recherche du meilleur compte. En pratique, elle gagne à être formulée comme une question de contexte.
En pratique, l’exercice le plus utile consiste à comprendre les hypothèses qui favorisent l’un ou l’autre.
Le REER et le CELI offrent des avantages différents. Le premier met généralement l’accent sur les déductions fiscales et le report d’impôt. Le second met généralement l’accent sur les retraits libres d’impôt et la flexibilité. Aucune structure n’est supérieure dans toutes les circonstances.
La comparaison devient plus utile lorsque l’attention se déplace du désir de trouver un gagnant universel vers la compréhension des taux d’imposition, de la flexibilité, des prestations gouvernementales, des objectifs de retraite et des hypothèses futures.
Lorsque ces hypothèses deviennent visibles, la question n’est plus seulement de choisir le bon compte. Elle devient une façon de comprendre quel compte peut être le mieux aligné avec une situation donnée.
Points à retenir
- Aucun des deux comptes n’est supérieur dans toutes les situations.
- Le REER et le CELI offrent des avantages fiscaux différents, plutôt que deux versions du même avantage.
- Le REER procure généralement une déduction aujourd’hui et des retraits imposables plus tard.
- Le CELI procure généralement une croissance et des retraits libres d’impôt.
- Le taux d’imposition actuel influence souvent la valeur d’une déduction REER.
- Le taux d’imposition futur peut aussi influencer l’efficacité à long terme d’une stratégie REER.
- Le CELI offre généralement plus de flexibilité pour les retraits et le rétablissement des droits de cotisation.
- Les prestations gouvernementales peuvent interagir différemment avec les retraits d’un REER et ceux d’un CELI.
- La question la plus utile n’est souvent pas « Quel compte gagne? », mais plutôt « Quel compte correspond le mieux aux hypothèses et aux objectifs examinés? »
Notes importantes
Le présent article est fourni uniquement à des fins éducatives.
Les avantages relatifs du REER et du CELI dépendent de nombreux facteurs, notamment le revenu actuel, le revenu futur, les taux d’imposition, les prestations gouvernementales, l’horizon de placement et les objectifs financiers personnels.
Les lois fiscales, les plafonds de cotisation, les programmes gouvernementaux et les règles de retrait peuvent changer avec le temps.
Les exemples et observations présentés ici servent à illustrer des concepts et ne constituent pas des recommandations personnalisées.
Les situations personnelles varient beaucoup, et le contexte d’un plan financier plus large demeure important.