Le besoin d’assurance vie correspond à un écart de financement, et non à un multiple fixe du revenu. Une estimation utile examine les conséquences financières qu’un décès pourrait entraîner, puis les compare aux ressources qui seraient vraisemblablement disponibles. Une règle comme « dix fois le revenu » ne tient pas compte des dépenses après impôt, du travail non rémunéré, des choix liés aux dettes, de la durée des besoins, de l’inflation, de la couverture existante ni des objectifs successoraux.

Les besoins se répartissent en trois catégories. Les besoins immédiats comprennent les liquidités de transition, les frais d’administration et certaines dettes. Les besoins continus comprennent un écart de revenu après impôt ou de services à remplacer pendant une période définie. Les besoins de longue durée peuvent comprendre le soutien viager d’une personne à charge, l’impôt au décès et les liquidités successorales, l’égalisation entre bénéficiaires, des objectifs de bienfaisance ou la continuité d’une entreprise.

Une ressource ne réduit l’écart que si elle est disponible pour la bonne personne ou la succession, au bon moment et pour l’usage prévu. L’assurance individuelle et collective, l’assurance crédit, les actifs liquides, le revenu du survivant, les régimes de retraite, les prestations du RPC ou du RRQ et les biens ne sont pas interchangeables. Un actif de grande valeur peut ne pas fournir rapidement des liquidités après impôt, une assurance collective peut changer avec l’emploi et l’assurance crédit verse généralement la prestation au prêteur.

La durée et la base monétaire comptent. Un soutien pendant cinq ans ne représente pas le même besoin qu’un soutien pendant quinze ans. Les estimations en dollars actuels et en dollars futurs doivent traiter l’inflation et l’actualisation de façon cohérente. Le remplacement du revenu part habituellement de l’écart de trésorerie après impôt ou des services à remplacer pour le ménage, plutôt que du salaire brut; cette approche reconnaît aussi la valeur des soins et du travail ménager non rémunérés.

Le résultat peut être nul. Si les ressources fiables égalent ou dépassent les besoins inscrits, le modèle ne devrait montrer aucun écart résiduel. Un résultat positif demeure un écart économique illustratif. La tarification, les primes, les exclusions, l’abordabilité, le maintien du contrat, les désignations de bénéficiaires et les exigences liées à une réclamation déterminent la couverture qui peut être émise, maintenue en vigueur et versée.

Les règles relatives aux bénéficiaires et à la propriété influencent le contrôle et le cheminement du paiement. Un bénéficiaire valablement désigné peut recevoir directement la prestation prévue au contrat, tandis que la désignation d’une succession comme bénéficiaire fait passer les fonds par l’administration successorale. Les règles provinciales varient. Au Québec, l’article 2449 du Code civil prévoit que la désignation, par un titulaire ou un participant et dans un écrit autre qu’un testament, de son conjoint marié ou uni civilement comme bénéficiaire est irrévocable, sauf stipulation contraire. Cette présomption ne s’étend pas automatiquement au conjoint de fait.